les femmes du monde fêtent le 8 mars avec la fondation Raja

La Fondation Raja qui nous a soutenues en 2015, a commandé des centaines de bols en Recycsacplastic, une belle commande pour les femmes burkinabè. Ils ont été offerts aux employées des succursales de la marque engagée, dans un sachet en papier journal recyclé bien sûr.

Raja bolsCe jour-là ce fut la fête dans beaucoup de pays autour de notre projet. repas du 8 mars à OuagaLes femmes du Burkina, qui sont à l’origine de la commande des bols, ont préparé un magnifique repas et ont dansé.

Vive la rentrée !

C’est la rentrée des classes ! Une journée pleine de promesses pour tous ces enfants qui ont la chance d’avoir un DROIT à l’école, de pouvoir s’inscrire près de chez eux pour étudier, et apprendre, sans que cela coûte cher, sans être trois sur une même chaise, sans que leurs parents doivent choisir entre l’école ou manger pendant deux mois.

Les Filles du Facteur n’est pas une association de parrainage. Cependant, nous travaillons chaque jour avec des femmes qui n’ont pas eu la chance d’apprendre à lire et à écrire, et dont les possibilités d’améliorer leur vie sont très limités.

La scolarisation de toutes et tous est une porte d’entrée dans un monde de compréhension, de développement intelligent et durable, de paix.

Venez découvrir nos actions pour la scolarisation de jeunes au Burkina Faso.

Parainer un élève

Les Filles du Facteur enquêtent sur les sacs biodégradables

La récente Loi sur la Transition énergétique, votée en juillet 2015, va imposer de grands changements en France, notamment sur l’usage du sac plastique. Les Filles du Facteur sont directement impactées par ces mesures, via leur projet de recyclage des sacs en plastique. L’occasion de faire le point sur ce déchet emblématique.

L’impact du sac plastique sur les écosystèmes

Les sacs plastiques sont un réel danger, surtout lorsqu’ils se retrouvent dans la nature. Un sac plastique est fabriqué  en 1 seconde, pour être utilisé environ 20 minutes. Il faut ensuite environ 400 ans pour que ce même sac se dégrade entièrement dans un milieu naturel. Probablement plus longtemps dans les fosses marines où la lumière ne parvient pas.

Les sacs plastique sont extrêmement nuisibles pour l’environnement, de par l’ les effet qu’ils ont sur la faune et la flore. Leur prolifération dans la nature est un fléau qui ravage les paysages, contamine les sols en profondeur et nuit à la santé humaine. Au Burkina Faso, les sacs plastique causeraient la mort de 30% du bétail en ayant ingéré des résidus et favoriseraient la transmission du paludisme (des poches d’eau se créent dans les sachets abandonnés, véritables nids pour les moustiques).

De plus, leur dégradation entraîne un dégagement de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, qui est un gaz à effet de serre.

Filles du Facteur - flyer recycler sacs plastique

Malgré les lois visant à limiter le nombre de sachets utilisés dans le monde, la consommation globale de sachets continue d’augmenter. Dans le monde, entre 4 000 et 5 000 milliards de sacs plastique étaient produits en 2002. Ce chiffre a explosé au cours de la dernière décennie. En 2013 en France, 17 milliards de sacs plastique (soit 80 000 tonnes) sont encore distribués chaque année dans les commerces de proximité et la vente en vrac de fruits et légumes.

Malgré la fin de la gratuité des sachets plastique dans les grandes surfaces, la consommation de sachets jetables reste considérable. Un citoyen européen utilise en moyenne 198 sacs par an. C’est un désastre écologique, sachant que les sachets ne font l’objet d’aucune collecte sélective et sont majoritairement incinérés en France.

Le recours à un sac “biodégradable”, la solution à ce fléau écologique?

Beaucoup d’industriels investissent dans des alternatives au sac plastique pour répondre aux besoins d’emballage tout en tachant de respecter l’environnement: sac en papier, en tissu, ou biodégradable.

Si le sac en papier semble s’imposer, des freins existent à son utilisation : considéré comme fragile, il est difficilement réutilisable et sa fabrication nécessite énormément d’eau claire, ce qui limite grandement son intérêt écologique.

Le sac en tissu ou en plastique réutilisable semble la meilleure solution, mais les pratiques ont la vie dure : les populations se sont habituées au “tout jetable” et peinent à revenir à l’usage d’un cabas.

Le sac biodégradable est une solution qui limite le changement des usages et n’implique pas de communication, ni d’éducation particulière : les populations pourraient continuer de consommer des sacs et les jeter après utilisation.

“Biodégradable” : un terme qui recouvre plusieurs réalités

Le plastique biodégradable est un plastique qui peut être détruit par des microorganismes (bactéries ou champignons) dans l’eau, au contact de l’air.

Il est important de souligner que le plastique biodégradable n’est pas forcément produit à partir de biomatériaux (comme les plantes). Plusieurs types de plastique biodégradables sont fabriqués à partir de pétrole, tout comme le plastique ordinaire.

D’un côté, se retrouvent les sachets  fabriqués à partir d’amidon de maïs ou de pomme de terre. De l’autre, des sachets faits de plastique additionné d’un agent de décomposition rapide, appelés “oxo-dégradables”.

1/ les sacs de source végétale, le “vrai biodégradable”

Ce sac biosourcé est fabriqué, à partir d’amidon de maïs ou de pomme de terre, mais comprend une partie de polyester d’origine fossile. Il se dégrade, en quelques mois et peut se composter. Pour répondre aux normes européennes, les fabricants de ce genre de sacs doivent remplacer peu à peu, la quantité de polyester au profit d’amidon de maïs.

Ce sachet biodégradable semble être une bonne solution, bien que son utilisation vise à ce que les consommateurs conservent les mêmes usages, c’est à dire ne s’habituent pas à réutiliser, puisque la matière se dégrade, ils peuvent continuer de jeter une fois utilisé.

Cependant, ces sacs ne sont bien souvent compostables que dans des conditions très précises, de température, de lumière et d’humidité, ce qui implique qu’il ne peut se dégrader que dans un compostage industriel. Si c’est le cas, cela implique d’adapter l’ensemble de ses infrastructure de collecte et de gestion des déchets, comme l’a fait la ville de Milan qui récupère les déchets organiques dans ces sacs en amidon, pour en faire du compost de qualité, revendu aux agriculteurs.

Par ailleurs, ce sac biodégradable serait lui-même source de pollution si son usage se généralise : saurait-on éviter de produire du maïs OGM, d’utiliser massivement des pesticides ou des engrais pour le produire? Sans compter la quantité d’eau utilisée et l’occupation de terres destinés à cette production.

Mais le coût plus élevé de ces sacs implique aussi que ce soit la demande qui déterminera l’avenir des sacs biodégradables.

2/ les sacs oxo dégradables

Les sacs oxo dégradables se décomposent au contact de l’air et de la lumière. Contrairement aux sacs d’origine végétale qui “fondent”, ils se décomposent en petites particules de plastique. C’est ici que les avis divergent : si les producteurs affirment que les particules sont ensuite entièrement absorbées dans les écosystèmes, des chercheurs indépendants alertent les pouvoirs publics en affirmant que le plastique ne disparait en fait pas du tout.

poussière d'oxo dérgadable

Selon Bruno De Wilde, chercheur du laboratoire indépendant Organic Waste Systems : “Il y a encore des microplastiques dans le milieu. Si le plastique est fragmenté, on peut se demander quel est le mieux pour le milieu : des plastiques en grandes pièces ou une sorte de poudre de plastique qu’on ne peut plus ramasser ? Personnellement, je pense que c’est pire pour l’environnement”.

Les débats font rage, entre ceux qui réclament des études scientifiques rigoureuses et transparentes, et les industriels qui affirment que les particules chimiques qui pourraient subsister ne sont pas dangereuses.

Peu d’études indépendantes et solides ont été faites, et les réponses des fabricants ne sont pas toujours claires.

Cependant, le doute sur le plastique oxo dégradable a incité le gouvernement français à les interdire sur le marché. Dans la Loi sur la Transition Energétique votée mercredi 22 juillet 2015, tous les sachets plastique à usage unique seront bannis à partir de janvier 2016, sauf ceux composés d’amidon de pomme de terre ou de maïs.

Bonne nouvelle pour la France donc. Mais notre inquiétude porte désormais sur l’Afrique, continent pris d’assaut par ces industriels du plastique. Ainsi, le sac oxo se retrouve d’ores et déjà sur les marchés de Ouagadougou…

sacs oxo dégradables Afrique Ouagadougou

Merci à Caroline Maumus pour ses recherches documentaires et le premier jet de cet article.

« On est ensemble, de Ouagadougou à Montreuil, des Filles du Facteur à Swop »

Sollicitée par l’équipe française de l’association Les Filles du Facteur, Pom Moulier, Coordinatrice au Burkina Faso depuis mars 2015 revient sur ses premiers mois auprès des femmes crocheteuses de Ouagadougou.

Après avoir été bénévole au siège de l’association burkinabè en 2014, Pom a souhaité s’investir plus longuement pour l’autonomie de ces femmes. En reconversion professionnelle, c’était un vrai défi pour elle. Elle le relève haut la main !

Pom et les femmesVoici son témoignage, leur témoignage, car les femmes crocheteuses ont ajouté leur voix à celle de Pom.

L’accueil si chaleureux des femmes de Swop fait oublier les 45 degrés de ces derniers jours de saison sèche. Et oui, la chaleur se trouve partout ici, il faut savoir l’apprivoiser !

Cette mission « d’autonomisation des femmes » restait bien vague pour moi, tant que je n’étais pas encore partie. Ce concept pouvait se tourner dans tous les sens. Mais mon arrivée au pays des femmes intègres (Burkina Faso signifie en langues locales “le pays des hommes intègres”) a rendu les choses tout de suite plus évidentes.

Ces femmes, aussi différentes les unes que les autres, se rencontrent et se découvrent encore chaque jour, à travers ce travail, cette activité qui :

  • « a changé leur vie » (pour Rasmata),
  • « a créé un lien avec les autres » (pour Assétou),
  • « leur permet de nourrir leurs enfants » (pour Clarisse),
  • « permet à leurs enfants d’aller à l’école » (pour Mariam),
  • « d’avoir une occupation » (pour Bibata),
  • « de savoir pourquoi elles se lèvent le matin » (pour Ami),
  • « d’avoir un moyen de transport qui permet de ne pas rester chez soi » (pour Nabou),
  • « de gagner de l’argent pour ne pas devoir en demander aux autres » (pour toutes).

L’envie, la détermination, le désir de bien faire, le respect de l’autre, la solidarité entre elles et leur complicité créent une force incroyable qui donne doublement envie de les accompagner vers cette indépendance, qu’elles ont déjà en partie acquise.

« Plus rien ne sera comme avant » a dit Kafando après l’insurrection au Burkina Faso en octobre 2014 … Si cette déclaration concerne la politique burkinabè, c’est à coup sûr ce que déclarent les femmes du projet des Filles du Facteur.

Avec les mots de chacune, nous avons créé une phrase, ensemble, de leur ressenti aujourd’hui :

« Le travail du crochet nous apporte de l’argent, pour que nous restions ensemble et que nous soyons contentes tous les jours. Ce projet, c’est la joie de travailler ensemble, et sans oublier la santé. »

Les femmes de SWOP ont rejoint le projet de recyclage des sachets plastique, porté par l’association Les Filles du Facteur, en 2012. Depuis fin 2013, le travail est continu et permet aux femmes de se sentir plus confiantes dans l’avenir.

Grâce à la présence d’une coordinatrice sur place depuis mai 2014, les femmes gagnent en compétences. Si elles ont vite été formées au design et à la création de par leur activité, c’est aujourd’hui à la gestion et à l’informatique qu’elles s’attèlent, le vrai vecteur de leur autonomie durable.

2015.01 Bibata

Les Filles du Facteur créent une mission de service civique France-Burkina Faso

Dans le cadre de son projet de recyclage des sachets plastique, l’association recherche un volontaire de service civique à partir d’avril 2015.

Pom

Les objectifs principaux de cette mission sont les suivants :

  • augmenter le nombre de sachets collectés
  • mieux sensibiliser le grand public aux problématiques liées à la gestion des déchets

Pour être volontaire de Service civique, il faut avoir entre 16 et 25 ans et la nationalité française, celle d’un état membre de l’Union européenne ou de l’espace économique européen, ou justifier d’un séjour régulier en France depuis plus d’un an.

Mission de 8 mois : avril, mai, juin, octobre, novembre en France ; juillet, août, septembre au Burkina Faso.

35h par semaine

Indemnités : 467,34 euros nets par mois  versés par l’Etat + 106.31€ versés par l’association lors des mois passés en France.

Fiche de mission détaillée – Service civique Collecte et Sensibilisation

Des femmes qui savent

C’est notre déchet le plus emblématique. Il passe par nos mains plusieurs fois par jour, c’est un objet facile, utile mais volatile et dangereux. Au delà de sa seconde vie en tant que sac poubelle, on ne le tri pas.  Quand il ne finit pas incinéré, il est jeté, le vent l’emporte, il va souiller les mers, empoisonner la terre et les animaux.
Le recycler en objets durables, comme le font les femmes au Burkina Faso est une solution, mais çà ne résout pas le problème, qui est dans la sensibilisation et l’éducation.

Abzeta crochèteA présent les femmes crocheteuses croulent sous les commandes. Elles travaillent vite, presque les yeux fermés. Elles savent que le sachet est toxique, même si elles n’ont pas eu la chance d’aller à l’école.

Le moment est arrivé, tant attendu par toutes, d’APPRENDRE. Le tableau est là, les cahiers et les crayons. Le premier objectif est d’apprendre à écrire son nom. Cette année, à l’AG, on n’a pas vu une seule croix dans le cahier de présence, car elles ont toutes signé.Abzeta

Coup de Balai Citoyen du 28 octobre au Burkina-Faso

Premier séjour pour notre amie Catherine, énième séjour de travail pour moi, sauf que celui-là, on s’en souviendra …

A peine arrivées, nous voilà mobilisées avec le peuple burkinabé pour tourner une page historique.

Le 28 octobre sur la place de la Révolution, une foule immense se réunit pour marcher vers le palais présidentiel et l’assemblée nationale. Il s’agit de concrétiser le grand changement attendu depuis longtemps, provoquer le départ d’un président qui s’accroche au pouvoir depuis 27 ans et veut encore s’accrocher. Trop c’est trop.

En un jour, le 30 octobre, la société civile révoltée, avec les militaires qui l’ont rejointe, se sont levés pour l’évincer.

Afrique plastique révolution

 

Le Balai Citoyen, parti émergeant qui dit bien ce qu’il veut dire, brandissait dans la foule des branches d’arbre ou des balais pour nettoyer le pays.

Devant nous passait une branche agrémentée d’un déchet emblématique, un beau sac en plastique et qui de plus, dessinait une Afrique …

Les recycleuses à Ouagadougou

Les centres de recyclage à Ouagadougou sont l’apanage des femmes. Nous leur rendons visite pour commander des sachets bleus, la nouvelle couleur de notre collection.

Sac bleu Poubelle ouaga décharge

 

Des femmes âgées survivent en les ramassant. Les longs tubes de plastique noirs ou blancs qu’elles récupèrent servent à emballer les motos neuves d’importation. Les sacs bleus viennent des grandes surfaces qui se développent de plus en plus pour la classe montante des riches burkinabés et des “expats”.

recycleuses à ouagadougou 2

 

 

Naissance de l’association SWOP

Naissance de l’association SWOP (Sachets Woogdba Ouagadougou Paagba = les femmes qui crochètent les sachets à Ouagadougou)

En juin 2012 les Filles du Facteur recevaient la bourse “Entrepreneurs Sociaux” de la Fondation PPR pour la Dignité et les Droits des Femmes, rebaptisée Kering en 2013. Cette récompense s’accompagnant du parrainage d’un collaborateur, voici le film documentaire de la formation que notre marraine Karine St Martin a apporté aux femmes lors de son séjour à Ouagadougou.