Ateliers de fleurs en Recycsacplastic

Le soleil revient, les ateliers aussi, surtout en extérieur avec les enfants dans les jardins.2 petites filles fleurs

Ces ateliers en plein air font l’unanimité chez les enfants.  On se fait belle en fabricant des chouchous serre-tête ou bracelet, on fait attention au vent qui emporte les petits morceaux de pétales qu’on a déchiré dans le plastique.

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On apprend à faire des noeuds quand on a 5 ans, on parle de ce qu’on apprend à l’école quand on a 7 ans : le danger que les sacs en plastique représente pour les animaux qui les avalent.

Et surtout on repart en se disant que maintenant on ne va plus les jeter, on va les garder pour les recycler.

Les Filles du Facteur enquêtent sur les sacs biodégradables

La récente Loi sur la Transition énergétique, votée en juillet 2015, va imposer de grands changements en France, notamment sur l’usage du sac plastique. Les Filles du Facteur sont directement impactées par ces mesures, via leur projet de recyclage des sacs en plastique. L’occasion de faire le point sur ce déchet emblématique.

L’impact du sac plastique sur les écosystèmes

Les sacs plastiques sont un réel danger, surtout lorsqu’ils se retrouvent dans la nature. Un sac plastique est fabriqué  en 1 seconde, pour être utilisé environ 20 minutes. Il faut ensuite environ 400 ans pour que ce même sac se dégrade entièrement dans un milieu naturel. Probablement plus longtemps dans les fosses marines où la lumière ne parvient pas.

Les sacs plastique sont extrêmement nuisibles pour l’environnement, de par l’ les effet qu’ils ont sur la faune et la flore. Leur prolifération dans la nature est un fléau qui ravage les paysages, contamine les sols en profondeur et nuit à la santé humaine. Au Burkina Faso, les sacs plastique causeraient la mort de 30% du bétail en ayant ingéré des résidus et favoriseraient la transmission du paludisme (des poches d’eau se créent dans les sachets abandonnés, véritables nids pour les moustiques).

De plus, leur dégradation entraîne un dégagement de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, qui est un gaz à effet de serre.

Filles du Facteur - flyer recycler sacs plastique

Malgré les lois visant à limiter le nombre de sachets utilisés dans le monde, la consommation globale de sachets continue d’augmenter. Dans le monde, entre 4 000 et 5 000 milliards de sacs plastique étaient produits en 2002. Ce chiffre a explosé au cours de la dernière décennie. En 2013 en France, 17 milliards de sacs plastique (soit 80 000 tonnes) sont encore distribués chaque année dans les commerces de proximité et la vente en vrac de fruits et légumes.

Malgré la fin de la gratuité des sachets plastique dans les grandes surfaces, la consommation de sachets jetables reste considérable. Un citoyen européen utilise en moyenne 198 sacs par an. C’est un désastre écologique, sachant que les sachets ne font l’objet d’aucune collecte sélective et sont majoritairement incinérés en France.

Le recours à un sac “biodégradable”, la solution à ce fléau écologique?

Beaucoup d’industriels investissent dans des alternatives au sac plastique pour répondre aux besoins d’emballage tout en tachant de respecter l’environnement: sac en papier, en tissu, ou biodégradable.

Si le sac en papier semble s’imposer, des freins existent à son utilisation : considéré comme fragile, il est difficilement réutilisable et sa fabrication nécessite énormément d’eau claire, ce qui limite grandement son intérêt écologique.

Le sac en tissu ou en plastique réutilisable semble la meilleure solution, mais les pratiques ont la vie dure : les populations se sont habituées au “tout jetable” et peinent à revenir à l’usage d’un cabas.

Le sac biodégradable est une solution qui limite le changement des usages et n’implique pas de communication, ni d’éducation particulière : les populations pourraient continuer de consommer des sacs et les jeter après utilisation.

“Biodégradable” : un terme qui recouvre plusieurs réalités

Le plastique biodégradable est un plastique qui peut être détruit par des microorganismes (bactéries ou champignons) dans l’eau, au contact de l’air.

Il est important de souligner que le plastique biodégradable n’est pas forcément produit à partir de biomatériaux (comme les plantes). Plusieurs types de plastique biodégradables sont fabriqués à partir de pétrole, tout comme le plastique ordinaire.

D’un côté, se retrouvent les sachets  fabriqués à partir d’amidon de maïs ou de pomme de terre. De l’autre, des sachets faits de plastique additionné d’un agent de décomposition rapide, appelés “oxo-dégradables”.

1/ les sacs de source végétale, le “vrai biodégradable”

Ce sac biosourcé est fabriqué, à partir d’amidon de maïs ou de pomme de terre, mais comprend une partie de polyester d’origine fossile. Il se dégrade, en quelques mois et peut se composter. Pour répondre aux normes européennes, les fabricants de ce genre de sacs doivent remplacer peu à peu, la quantité de polyester au profit d’amidon de maïs.

Ce sachet biodégradable semble être une bonne solution, bien que son utilisation vise à ce que les consommateurs conservent les mêmes usages, c’est à dire ne s’habituent pas à réutiliser, puisque la matière se dégrade, ils peuvent continuer de jeter une fois utilisé.

Cependant, ces sacs ne sont bien souvent compostables que dans des conditions très précises, de température, de lumière et d’humidité, ce qui implique qu’il ne peut se dégrader que dans un compostage industriel. Si c’est le cas, cela implique d’adapter l’ensemble de ses infrastructure de collecte et de gestion des déchets, comme l’a fait la ville de Milan qui récupère les déchets organiques dans ces sacs en amidon, pour en faire du compost de qualité, revendu aux agriculteurs.

Par ailleurs, ce sac biodégradable serait lui-même source de pollution si son usage se généralise : saurait-on éviter de produire du maïs OGM, d’utiliser massivement des pesticides ou des engrais pour le produire? Sans compter la quantité d’eau utilisée et l’occupation de terres destinés à cette production.

Mais le coût plus élevé de ces sacs implique aussi que ce soit la demande qui déterminera l’avenir des sacs biodégradables.

2/ les sacs oxo dégradables

Les sacs oxo dégradables se décomposent au contact de l’air et de la lumière. Contrairement aux sacs d’origine végétale qui “fondent”, ils se décomposent en petites particules de plastique. C’est ici que les avis divergent : si les producteurs affirment que les particules sont ensuite entièrement absorbées dans les écosystèmes, des chercheurs indépendants alertent les pouvoirs publics en affirmant que le plastique ne disparait en fait pas du tout.

poussière d'oxo dérgadable

Selon Bruno De Wilde, chercheur du laboratoire indépendant Organic Waste Systems : “Il y a encore des microplastiques dans le milieu. Si le plastique est fragmenté, on peut se demander quel est le mieux pour le milieu : des plastiques en grandes pièces ou une sorte de poudre de plastique qu’on ne peut plus ramasser ? Personnellement, je pense que c’est pire pour l’environnement”.

Les débats font rage, entre ceux qui réclament des études scientifiques rigoureuses et transparentes, et les industriels qui affirment que les particules chimiques qui pourraient subsister ne sont pas dangereuses.

Peu d’études indépendantes et solides ont été faites, et les réponses des fabricants ne sont pas toujours claires.

Cependant, le doute sur le plastique oxo dégradable a incité le gouvernement français à les interdire sur le marché. Dans la Loi sur la Transition Energétique votée mercredi 22 juillet 2015, tous les sachets plastique à usage unique seront bannis à partir de janvier 2016, sauf ceux composés d’amidon de pomme de terre ou de maïs.

Bonne nouvelle pour la France donc. Mais notre inquiétude porte désormais sur l’Afrique, continent pris d’assaut par ces industriels du plastique. Ainsi, le sac oxo se retrouve d’ores et déjà sur les marchés de Ouagadougou…

sacs oxo dégradables Afrique Ouagadougou

Merci à Caroline Maumus pour ses recherches documentaires et le premier jet de cet article.