“Bonjour, je m’appelle Maguy, et toi?”

“Elles ont entre 20 et 70 ans. Assises sur des nattes ou des chaises, une trentaine de femmes ont les yeux fixés sur leur ouvrage de crochet. Je salue chacune, les sourires, l’accueil sont chaleureux.

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Je me présente. « Je m’appelle Maguy, je suis là pour vous, pour apprendre le français à celles qui le souhaitent. » Dans l’après-midi, Nabou, la chef d’atelier m’informe que toutes sont intéressées. Après une discussion collective, elles me proposent de constituer trois groupes. Je comprends vite que toutes les décisions sont prises ensemble.

“Ensemble” : c’est un mot que j’entendrai souvent. Ensemble, c’est leur solidarité, la prise en main de leur vie, leur travail. Ensemble, nous partagerons des rires, parfois de la tristesse d’apprendre le décès d’un membre de la famille, des repas collectifs à présent que le ramadan est terminé, des chants… Et toujours ces sourires et leur implication dans l’apprentissage du français. Le matin, à peine arrivée dans la cour, les cahiers sortent des sacs.

Femme qui écrit

L’une pour du graphisme, l’autre pour un exercice. Et par le jeu et le chant, nous apprenons en petit groupe à nous présenter, à nous saluer, à dire les mots du corps et à décrire les étapes de leur travail de crochet (récupérer un sac plastique, le laver, le couper en bandes et crocheter) jusqu’à l’objet ; un très bel objet (corbeille, bol, set de table, boîte, etc.) dont elles sont fières.

Tapis multi
Je dois les quitter au terme d’un mois et toutes (ou presque) savent écrire leur prénom, leur nom et signer. Elles s’appellent Nabou, Henriette, Adissa, Adama, Alizéta, Sanata, Kadidjiatou, Assétou…”

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Merci à Maguy pour ce mois de cours, d’échanges et d’apprentissages mis en place avec les femmes crocheuteuses de SWOP  ! Un grand merci également pour cet article, et à Pom Moulier, notre volontaire, pour ces très belles photos.