« On est ensemble, de Ouagadougou à Montreuil, des Filles du Facteur à Swop »

Sollicitée par l’équipe française de l’association Les Filles du Facteur, Pom Moulier, Coordinatrice au Burkina Faso depuis mars 2015 revient sur ses premiers mois auprès des femmes crocheteuses de Ouagadougou.

Après avoir été bénévole au siège de l’association burkinabè en 2014, Pom a souhaité s’investir plus longuement pour l’autonomie de ces femmes. En reconversion professionnelle, c’était un vrai défi pour elle. Elle le relève haut la main !

Pom et les femmesVoici son témoignage, leur témoignage, car les femmes crocheteuses ont ajouté leur voix à celle de Pom.

L’accueil si chaleureux des femmes de Swop fait oublier les 45 degrés de ces derniers jours de saison sèche. Et oui, la chaleur se trouve partout ici, il faut savoir l’apprivoiser !

Cette mission « d’autonomisation des femmes » restait bien vague pour moi, tant que je n’étais pas encore partie. Ce concept pouvait se tourner dans tous les sens. Mais mon arrivée au pays des femmes intègres (Burkina Faso signifie en langues locales “le pays des hommes intègres”) a rendu les choses tout de suite plus évidentes.

Ces femmes, aussi différentes les unes que les autres, se rencontrent et se découvrent encore chaque jour, à travers ce travail, cette activité qui :

  • « a changé leur vie » (pour Rasmata),
  • « a créé un lien avec les autres » (pour Assétou),
  • « leur permet de nourrir leurs enfants » (pour Clarisse),
  • « permet à leurs enfants d’aller à l’école » (pour Mariam),
  • « d’avoir une occupation » (pour Bibata),
  • « de savoir pourquoi elles se lèvent le matin » (pour Ami),
  • « d’avoir un moyen de transport qui permet de ne pas rester chez soi » (pour Nabou),
  • « de gagner de l’argent pour ne pas devoir en demander aux autres » (pour toutes).

L’envie, la détermination, le désir de bien faire, le respect de l’autre, la solidarité entre elles et leur complicité créent une force incroyable qui donne doublement envie de les accompagner vers cette indépendance, qu’elles ont déjà en partie acquise.

« Plus rien ne sera comme avant » a dit Kafando après l’insurrection au Burkina Faso en octobre 2014 … Si cette déclaration concerne la politique burkinabè, c’est à coup sûr ce que déclarent les femmes du projet des Filles du Facteur.

Avec les mots de chacune, nous avons créé une phrase, ensemble, de leur ressenti aujourd’hui :

« Le travail du crochet nous apporte de l’argent, pour que nous restions ensemble et que nous soyons contentes tous les jours. Ce projet, c’est la joie de travailler ensemble, et sans oublier la santé. »

Les femmes de SWOP ont rejoint le projet de recyclage des sachets plastique, porté par l’association Les Filles du Facteur, en 2012. Depuis fin 2013, le travail est continu et permet aux femmes de se sentir plus confiantes dans l’avenir.

Grâce à la présence d’une coordinatrice sur place depuis mai 2014, les femmes gagnent en compétences. Si elles ont vite été formées au design et à la création de par leur activité, c’est aujourd’hui à la gestion et à l’informatique qu’elles s’attèlent, le vrai vecteur de leur autonomie durable.

2015.01 Bibata